Données personnelles et e-administration : les Français intéressés mais inquiets

Le 2e baromètre Berger-Levrault / Institut Harris Interactive, qui a été dévoilé à l'occasion du lancement du colloque « e-administration, transparence des données et satisfaction des citoyens », montre les Français divisés.

A l’occasion du lancement de son nouveau colloque « e-administration, transparence des données et satisfaction des citoyens », le Groupe Berger-Levrault a dévoilé une enquête d’opinion exclusive Harris Interactive sur les bénéfices et les risques de l’enregistrement en ligne de données personnelles, dans le cadre de services administratifs, et du développement de l’open data (Les Français, l’e-administration et l’enregistrement des données personnelles en ligne, enquête réalisée par Harris Interactive du 13 au 18 janvier 2012, par téléphone auprès d’un échantillon représentatif de 1005 Français).

Selon cette enquête, les Français constatent que l’e-administration devient inéluctable mais sont partagés entre l’aspect pratique des services proposés et leur peur de voir leurs données personnelles rendues publiques ou accessibles de manière non contrôlée. Leurs coordonnées bancaires, leurs revenus et leur dossier médical font partie des données très sensibles qu’ils ne souhaitent pas enregistrer en ligne (plus de détails ci-dessous).

Les résultats de cette enquête complètent et confirment les conclusions d’un premier colloque organisé par Berger-Levrault en juin 2011 « Nouvelles attentes, nouveaux services : une nouvelle donne public-privé » dont les actes viennent d’être publiés et ont été également présentés ce jour.

Un deuxième colloque Berger-Levrault en octobre 2012 sur l’open data

Les conclusions du colloque de juin 2011 laissaient en suspens des questions importantes, alors que différents événements ont montré l’actualité et l'importance de cette problématique : création d’Etalab, initiatives de municipalités ouvrant leurs données au public, décret de décembre 2011 sur les consultations institutionnelles par Internet.

Engagé dans une démarche de fond, Berger-Levrault a souhaité approfondir cette réflexion collective, et organise au mois d’octobre 2012 un nouveau colloque e-administration – transparence des données et satisfaction des citoyens. Des experts des secteurs public et privé spécialistes de la dématérialisation des services administratifs et de l’open data, répondront à une triple question : quelles données les citoyens sont-ils prêts à rendre transparentes, pour qui, et pour avoir accès à quels services d’e-administration ?

Dans un contexte de développement de l’e-administration et alors que les données sont diffusées de plus en plus librement sur Internet, nous souhaitons lancer des pistes de réflexion sur les transformations que cela implique, et contribuer à l’amélioration des services en prenant toujours mieux en compte les attentes et les craintes des citoyens explique Pierre-Marie Lehucher, Directeur général du groupe Berger-Levrault.

Principaux résultats de l’enquête : les Français, l’e-administration et l’enregistrement de données personnelles en ligne

Les Français prennent acte de la dématérialisation des services publics, mais sont divisés sur l’opportunité de son développement: 22% des Français estiment qu’il y a aujourd’hui trop de dématérialisation des services publics (parmi eux beaucoup de séniors et de personnes peu ou pas diplômées), et autant considèrent qu’il n’y en a pas assez.

Les services d’e-administration sont pratiques, mais pas toujours simple à utiliser : pour 74% des Français les services d’e-administration font gagner du temps, mais ils sont aussi 64% à considérer qu’il n’est pas toujours facile de s’en servir.

L’enregistrement de données personnelles administratives en ligne n’est pas sécurisé : pour 79% des Français il n’est pas impossible qu’un jour ces données soient rendues publiques, et pour 77% d’entre eux les données personnelles enregistrées peuvent être piratées à des fins malhonnêtes.

Les Français ne sont pas prêts à enregistrer des données qu’ils estiment très sensibles sur les sites d’administration en ligne: 77% des Français ne souhaitent pas enregistrer leurs coordonnées bancaires, 70% leurs revenus et pour 68% d’entre eux il n’est pas question de transmettre leur dossier médical sur les sites d’administration en ligne. Un peu plus de la moitié des Français ne se sentent pas prêts non plus à donner des indications sur leurs origines, leur casier judiciaire et les prestations sociales dont ils bénéficient.